Bilan climatique provisoire · France
2026, une année
de tous les records.
Chaleur persistante, sécheresse généralisée et bilan hydrique exceptionnel : au 3 août, l’année 2026 se distingue déjà par l’ampleur des extrêmes observés sur le territoire français.
Cet article est écrit le 3 août 2026. À cette date, l’année se présente comme exceptionnelle sous plusieurs aspects. Des records de chaleur et de sécheresse sont battus dans de nombreuses stations du territoire national. Cette analyse propose une lecture synthétique de la situation, à partir de sept graphiques issus des données disponibles sur A Ciel Ouvert.
Températures
Une année chaude,
un été brûlant.
La carte ci-dessous représente les stations de Météo-France selon leur nombre de jours de forte chaleur, c’est-à-dire les journées où la température maximale atteint ou dépasse 30 °C. Les points rouges foncés signalent les stations où 2026 occupe la première place de l’historique, à la même date de la saison.
La couleur dominante ne laisse guère de doute : 2026 établit un record dans la quasi-totalité des stations comparables. Au 2 août, la station des Arcs, dans le Var, affiche le cumul le plus élevé avec 67 jours à 30 °C ou plus.

Classement de 2026 au même stade de la saison pour les jours où Tx ≥ 30 °C. Chaque station est comparée à son propre historique.
Montpellier, déjà au-dessus de 2022
À Montpellier, 45 jours de forte chaleur ont déjà été comptabilisés au 2 août. C’est un record à cette date, devant 2022 et ses 41 jours. L’année 2022 conserve toutefois le record sur l’ensemble de la saison, avec 62 jours. Le dépassera-t-on en 2026 ? Il faudra attendre la fin septembre pour dresser le bilan définitif.

Évolution du cumul des jours de forte chaleur à Montpellier depuis le 1er mai.
À Carpentras, le début d’année le plus chaud
La chaleur ne se limite pas aux dernières semaines. À Carpentras, la température moyenne calculée du 1er janvier au 2 août atteint 16,4 °C, contre une référence 1991-2020 de 14,3 °C. L’année 2026 se classe au premier rang de la série, devant 2025 puis 2022.

Température moyenne à Carpentras sur la même fenêtre calendaire pour chaque année disponible.
Pluie & évapotranspiration
Une sécheresse
à l’échelle du pays.
Le bilan hydrique climatique présenté ici correspond à la différence entre la pluie et l’évapotranspiration potentielle, avec une mémoire exponentielle de 60 jours. Il donne une indication de la pression climatique récente : plus la valeur est basse, moins la pluie compense la demande évaporative de l’atmosphère.
Sur la carte, les points rouges signalent les stations où la situation au 1er août se place parmi les plus sèches de leur historique. Une grande partie du territoire atteint un record. Le Sud-Est résiste davantage, sans pour autant retrouver une situation humide.

Position hydrique relative des stations au 1er août 2026. La comparaison est propre à l’historique de chaque station.
Au Cap-Ferret, le niveau le plus bas en 69 ans
La Gironde connaît une situation particulièrement sèche, dans un contexte estival marqué par les incendies. À la station du Cap-Ferret, le bilan pluie moins ETP atteint au 1er août son plus bas niveau depuis le début de la série, longue de 69 ans. L’année 2022 occupe la deuxième place.

Bilan pluie moins ETP au Cap-Ferret. La courbe orange représente l’année hydrologique 2025-2026.
Lacanau : seulement 22 mm en juin et juillet
Toujours en Gironde, la station de Lacanau totalise seulement 22 mm de pluie sur juin et juillet 2026. La référence calculée sur les années complètes disponibles entre 1991 et 2020 atteint 109 mm, soit un déficit proche de 80 %.
La deuxième période juin-juillet la plus sèche remonte à 1974, avec 29 mm. La série de Lacanau débute en 1950.

Les périodes juin-juillet les plus sèches à Lacanau.
Au 2 août, 56 % du territoire au niveau record
L’indice d’humidité des sols (SWI), fourni par Météo-France, résume bien la situation de sécheresse que connaît notre pays. La carte ci-dessous indique le rang atteint au 2 août pour chacune des 8 981 mailles du modèle SIM. En rouge foncé apparaissent les secteurs où 2026 établit un record de sécheresse, c’est-à-dire où le SWI est au plus bas pour cette date. L’orange correspond au deuxième rang des années les plus sèches et le jaune au troisième rang.
Au total, 56 % des mailles du territoire se trouvent en situation de record. Seul le Sud-Est échappe en partie à ces records au 2 août, notamment grâce aux orages de la fin juillet.

Rang du SWI au 2 août 2026 par rapport à chaque 2 août depuis 1958. Le rouge foncé indique un record de sécheresse.
Méthode & précautions
Un bilan provisoire, appelé à évoluer.
Les résultats reposent sur les observations disponibles au 2 août 2026 et peuvent évoluer avec l’arrivée de données consolidées. Les classements ne comparent que des périodes calendaires identiques et écartent les années insuffisamment renseignées. Le bilan hydrique climatique est un indicateur pluie moins ETP : il ne mesure pas directement l’humidité des sols ni le risque d’incendie.